Mon père ce héros

« Mon père ce héros au sourire si doux »
Qui tant de fois m’a fait sauter sur ses genoux
D’un revers de la main a balayé ma vie
Pour caresser les fruits de tous les interdits

Ne trouvant en ses brus plus assez de fraicheur
Ou trop de résistance en ses viles ardeurs
Il a plongé ses mains en ce jardin secret
Méprisant la morale et souillant le sacré

À bas les apparats et tous les beaux discours
Le loup était déjà dans notre basse-cour
Et quand tombe le masque, il est déjà trop tard
Notre jardin d’Eden n’est plus qu’un solfatare

À Toi ma fille.
À notre combat à tous les 3 .

Aux amours décomposés

Puisqu’il ne reste aucune trace
De ces amours décomposés
Puisqu’il n’est rien qui les retrace
Le passé n’est que supposé

Puisque le vent en son ouvrage
A emporté nos avenirs
Puisque le temps et son outrage
Va effacer nos souvenirs

Il me faut donc tourner la page
Ou écrire un autre livre
Le chagrin est un bon cépage
À la plume qui m’enivre

Puisque promesse a été faite
De garder la tête hors des flots
Puisque rien d’autre n’est défaite
Qu’un serment qui part à vau-l’eau

Puisqu’il faut donc que je résiste
À chaque soir passer minuit
Puisqu’il faut donc que je persiste
À hanter mes jours et mes nuits

Je verse donc encore ma rime
Tant qu’il me reste un peu d’envie
Des bras tendus pour que j’arrime
Mon cœur brisé mon corps sans vie

Résigné

Je dois me résigner à faire brûler mon cœur
Offrir au vent mauvais les restes de cendre
Et plonger dans l’abime insondable des pleurs
Trouver l’escalier qui ne fait que descendre

Mais il me faut avant terminer de noircir
Ces pages qui attendent chacune à leur tour
Que je verse mon âme jusqu’au dernier soupir
Que je verse l’essence sur mes vers d’amour

Alors je fermerai ce carnet témoignage
Car il est salvateur mais aussi dangereux
Il révèle au lecteur sans détour ni rognage
Qu’il y a plus grand qu’un sentiment amoureux

Sur ce cœur de cuir je déposerai le mien
Puisqu’ils sont tous deux liés et indissociables
Puis dans un feu de résine à l’odeur des pins
Donnerai mes mains à la mort et au diable

Viens à moi

Je ne peux venir à toi ma belle de l’ombre
Comme un amant transit tapi dans la pénombre
Qui seul attend impatient le moment opportun
Pour se glisser et se fondre en des jeux libertins

Tu as goûté déjà à nombreuses reprises
À mon âme égarée et dont tu t’es éprise
Je sais que tu m’attends que tu veux que je vienne
Mais il est des serments qui aujourd’hui me tiennent

Car vois-tu j’ai promis de me tenir loin de toi
Et j’ai bien des défauts mais n’ai qu’une parole
Même si les écrits restent et les mots s’envolent

Je ne peux donc venir volontairement ma foi
Mais rien ne t’empêche si moi je m’y refuse
De venir me faucher pour que rien ne m’accuse

L’amoureux

Aucun médicament pour gonfler mes poumons
Et redonner à mon cœur un peu plus d’élan
Ni homme de prière qu’il soit ange ou démon
Ni machine moderne ou rite charlatan

Et chaque jour qui passe m’essouffle et me peine
Tandis que ralentissent en moi les battements
Il est des sentiments qui en nous se déchaînent
Nous laissant sous le poids de lourds abattements

Délestez-moi de tout je n’ai que besoin d’elle
D’un parfum d’un sourire ou bien de quelques mots
Juste assez pour tenir une journée nouvelle
Et soigner un instant la douleur de mes maux

Elle est mon avenir ma vie mon univers
Ma priorité pour laquelle je me bat
Et s’il me faut mourir au fond de moi j’espère
Qu’au moins une seconde elle ait pensé à moi

Le vagabond

Dans les méandres obscurs des tristes paysages
Où rampent en abondance de sombres vermines
Les sillons cérébraux n’ont que mauvais présages
De mauvaises récoltes et de grandes famines

Au milieu de ces champs parsemés de rocailles
Le vagabond se meut entouré de vipères
Qui sifflent incessamment leur discours de racaille
Afin de conserver leur sinistre repaire

Épuisé au milieu des perfides reptiles
Il n’est plus un seul pas qui ne peut être fait
Sans risquer ce venin que ces monstres instillent
Qui nécrose l’esprit et son estime défait

C’est alors que survient à ce moment précis
Où la raison se ferme et le cœur se craquelle
Un point de non retour qui le laisse indécis
Entre désir de vivre et mourir de séquelles

Tout semble fondre en lui rongé par le poison
Et les serpents encore en profondes morsures
Injectent abondamment leur venin à foison
Ne laissant pas le temps de soigner ses blessures

Il n’est plus que la mort qui pourrait mettre fin
Au supplice infini qu’un sang trop noir propage
Qu’importe les remords puisque l’on est défunt
Pour ceux qui survivent quand on tourne la page

Mais c’est souvent alors que tout semble perdu
Que surviennent ces anges en nous tendant la main
Le triste vagabond qui marchait éperdu
Se retrouve porté vers d’autres lendemains

Je remercie les sœurs et les frères choisis
D’avoir contre son gré sauvé le vagabond
Il a brulé enfin ses guenilles moisies
Et s’apprête aujourd’hui à vivre pour de bon

Dans ces nouveaux sillons que son esprit irrigue
La terre est plus fertile le temps plus avenant
Il n’est plus de reptiles et d’obscures intrigues
Que des anciens amis et d’autres maintenant

Tournent les heures

Levé trop tôt dans la nuit incertaine
Un peu perdu entre hier et demain
Tournent les heures de la pendule hautaine
Dont l’œil unique est plongé dans les miens

Balancé entre les nuits et les jours
Qui se mêlent et s’emmêlent à l’infini
Il n’est plus de saveur même à l’amour
Quand sombre le cœur en mélancolie

Viendra-t-elle enfin me prendre aujourd’hui
Ou me faudra-t-il encore attendre
Tourner les heures du reste de ma vie
Dont le feu n’est plus qu’un tas de cendres

Si je n’étais tenu par ma promesse
De garder l’horizon pour lendemain
Je serais déjà parti sans confesse
Noyé de chagrin dans l’eau de mon bain 

Aujourd’hui

Aujourd’hui mais il me faudrait cent hommes
Pas un de moins et plus encore en somme
Car j’ai encore flottant en un sillage
Le parfum de Roxane et son visage

Aujourd’hui je retrouve le sang gascon
Colorant mes veines ornant mon blason
Nul ne pourra me souiller d’une tâche
Je retrouve ma verve et mon panache

Une promesse

Lourd est le poids de ces regards pesants
Comme ces manteaux d’albâtres aux gisants
Dont les traits froids et durs laissent figées
Les plus fières allures d’augustes guerriers

Et voilà qu’il me faut de mon silence
Sortir quelques mots de tout évidence
Trouver le chemin de voix et de pas
Pour reprendre et les armes et les combats

Nulle place pour moi au sein d’église
Nul tombeau gravé de faits et devises
Mais dans le cœur forgé une promesse
Qui vaut bien plus que les Dieux et leurs messes

Dans ma baignoire

Seul plongé dans le silence épais et froid
Où coulent indifférentes mes heures perdues
Je laisse remonter le long des parois
L’eau comme un linceul à mon corps étendu

Les fantômes du passés m’ont taillé l’esprit
Après que des servants de forces occultes
Aient ouvert mes plaies qui me saignent aujourd’hui
Tel un animal offert au sombre culte

Les paupières lourdes de tous ces cachets
Je m’endors serein comme en mes trains de nuits
Vers ce terminus qui m’a été caché
Mais que je chercherai dans une autre vie