Dans les méandres obscurs des tristes paysages
Où rampent en abondance de sombres vermines
Les sillons cérébraux n’ont que mauvais présages
De mauvaises récoltes et de grandes famines

Au milieu de ces champs parsemés de rocailles
Le vagabond se meut entouré de vipères
Qui sifflent incessamment leur discours de racaille
Afin de conserver leur sinistre repaire

Épuisé au milieu des perfides reptiles
Il n’est plus un seul pas qui ne peut être fait
Sans risquer ce venin que ces monstres instillent
Qui nécrose l’esprit et son estime défait

C’est alors que survient à ce moment précis
Où la raison se ferme et le cœur se craquelle
Un point de non retour qui le laisse indécis
Entre désir de vivre et mourir de séquelles

Tout semble fondre en lui rongé par le poison
Et les serpents encore en profondes morsures
Injectent abondamment leur venin à foison
Ne laissant pas le temps de soigner ses blessures

Il n’est plus que la mort qui pourrait mettre fin
Au supplice infini qu’un sang trop noir propage
Qu’importe les remords puisque l’on est défunt
Pour ceux qui survivent quand on tourne la page

Mais c’est souvent alors que tout semble perdu
Que surviennent ces anges en nous tendant la main
Le triste vagabond qui marchait éperdu
Se retrouve porté vers d’autres lendemains

Je remercie les sœurs et les frères choisis
D’avoir contre son gré sauvé le vagabond
Il a brulé enfin ses guenilles moisies
Et s’apprête aujourd’hui à vivre pour de bon

Dans ces nouveaux sillons que son esprit irrigue
La terre est plus fertile le temps plus avenant
Il n’est plus de reptiles et d’obscures intrigues
Que des anciens amis et d’autres maintenant