Ce vieux sac éventré couché sur le côté
Qui répand ses entrailles au chien qui le tiraille
Me fait parfois penser selon l’obscurité
À un soldat de paille au milieu des semailles

L’étrange contenu étalé dans la rue
Fume un peu dans le froid comme un vieux feu de bois
Curieux de ce rebut donc le chien est repu
Je fais deux ou trois pas et ma vision se noie

Mes yeux sont révulsés grands ouverts sur le ciel
Des sillons sont gravés en deux traces rebelles
Ma gorge est déchirée en un rouge sanglant

Je regarde mes mains je regarde mes pieds
Au travers je vois bien le sang sur les pavés
Je ne ressens plus rien je m’en vais maintenant