Du fond de mon tombeau j’entends passer vos jours
J’entends passer vos nuits sur des générations
Mon corps est en lambeaux de l’éternel séjour
À des siècles d’ennuis sans dégénérations

Mais plus que les tourments de vos vies insipides
C’est la soif immense que me manque avant tout
Ce sont mes errements en chasses intrépides
Pour ma réminiscence à me gorger de vous

Combien de temps encore à vivre sous vos pieds
Écoutant vos rancœurs qui noircissent le sang
Je me souviens d’alors tandis que nous soupiez
Et que vos nobles cœurs bâtaient d’amour décent

Je goûtais vos plaisirs aux sources de vos cous
En de longues sucions à vous blanchir le corps
Mais je préfère moisir et qu’importe le coût
Face à la perdition de ce qui d’édulcore

J’ai des rêves nocturnes aux sons de battements
Aux sillages olfactifs de délicieux parfums
Pour sortir de ma thurne ivre d’ébattements
Au bonheur collectif et me nourrir enfin

Photo EnriqueLopezGarre