Repoussante beauté je vous vois alanguie
Le corps à moitié nu sur un lit de galets
Votre grâce moulée dans votre bikini
S’offre ainsi à la vue de jeunes coquelets

Que la nature ait su se montrer généreuse
En renversant sur vous ce qu’il suffit aux yeux
Elle a j’en suis déçu aux courbes plantureuses
Oublié un atout un peu moins fallacieux

Et vous voici tordue en surveillant les plis
Qu’un mouvement grossier pourrait faire sortir
Bourrelets distendus que les pauses déplient
Quand vous laissez aller votre corps à dormir

Ne laissez pas la mode vous invectiver
Réjouissez-vous plutôt de vos imperfections
Il est bien plus commode à se positiver
Dès lors que l’on vient tôt en leurs acceptations

De tous les apparats le masque et le costume
Sont les épouvantails de son propre reflet
Quand ils sont mis à bas c’est l’esprit qui consume
Au sein de nos entrailles notre intégrité

La vérité est nue quand le mensonge habille
Et de l’être imparfait se forge la splendeur
Aux caresses ingénues que le temps déshabille
Rien d’autre n’est plus vrai que la beauté du cœur

Crédit photo : © Marcos photographer