Sous la lumière blafarde d’une morne lune
Où dansent aveuglément dans les rayons d’argent
De piètres somnambules qui vont virevoltant
En s’offrant en pâture à des chasseurs nocturnes

Face au reflet tronqué flottant à la dérive
De l’astre abandonné pour lequel je respire
J’avance lentement à ma bouche un sourire
A mesure que s’élève au loin l’autre rive

Je vais mourir enfin au sein de l’élément
Qui a baigné ma vie et nourri mon chagrin
Noyer mes souvenirs et tous mes lendemains

Ma clepsydre se vide et je vais prendre soin
De la laisser tarir au fond de mon jardin
Je referme sur moi le livre de mon temps

Crédit photo : © MDARIFLIMAT