3 mai 2020: Écrire ou dormir, il faut choisir

Quand après avoir compté les moutons et tricoté pleins de trucs aussi réussis que le chandail dans Le Père-Noël est une ordure, tu finis par t’endormir.

Quand ça fait à peu près 20 minutes que tu dors, mais que tu rêves la scène érotique d’un des chapitres de ton roman et que tu ouvres les yeux comme des billes dans la solitude de ton plumard.

Quand planté dans ton matelas tu ne sais pas si tu dois jouer du marteau-piqueur, te lever jouer un 5 contre 1 ou allez écrire la scène.

Tu fais quoi ?

Et bien pendant que c’est encore frais et avant de tâcher les draps, tu rentabilises. Tu te lèves et tu te bouscules, sans réveiller personne, comme d’habitude… et tu vas écrire.

L’écrivain, c’est est un pauvre type…

J’en passe, j’en passe, j’en passe des nuits, des nuits. Des nuits à caresser du papier. Des lettres de toi, mais l’papier c’est pas l’pied…

Le cœur grenadine, Laurent Voulzy

L’écrivain n’est pas un solitaire finalement. C’est un pauvre type qui ne sait plus comment se débarrasser de toutes ces voix qui bourdonnent dans sa tête, de toutes ces images qui se bousculent et éclatent à n’en plus finir. Et quand il parvient à extraire tout ça de son esprit, d’autres voix, d’autres images viennent en une nouvelle vague pour un nouvel assaut.

C’est une charge mentale permanente que seules les femmes peuvent connaître. Et là je vais me prendre les foudres de la gent masculine…

C’est une charge mentale de solitude et d’isolement, des nuits à caresser du papier bien loin du cœur grenadine de Laurent Voulzy.