J’ai tant renoncé à y croire et cessé d’espérer
Que j’ai failli ne pas le voir et passer à côté
Le bel oiseau vêtu de noir et blanc s’est reposé
Se sont croisés nos regards et il n’a plus décollé

Il a posé ses ailes contre les miennes à mes pieds
Est venu se lover tout contre mon corps cabossé
Le temps a arrêté sa montre puis nous a bercé
Nous laissant vivre la rencontre qui s’est installée

Alors j’ai vu que son plumage s’était clairsemé
Que les tempêtes et les naufrages s’étaient installés
Comme une empreinte tatouage des années passées
À vivre enfermé dans ces cages ces prisons dorées

Nous avons laissé la souffrance pour nous consoler
Entouré de nos bienveillances sur nos corps blessés
Et c’est alors que la romance nous a révélé
Que nous vivions tous deux l’instance de nous rencontrer

Chacun prenant tant soin de l’autre nous avons soigné
Les blessures de l’un de l’autre se sont refermées
En psalmodiant nos patenôtres nous avons levé
Nos ailes blanches l’une et l’autre se sont déployées

Nous mesurons alors la chance de s’être trouvés
De partager en abondance nos goûts nos idées
Heureux de cette délivrance nous pouvons goûter
Aux plaisirs que la vie nous lance nous allons aimer 

© Roi Dimor