Ou comment s’affranchir des promesses en jouant aux chaises musicales ministérielles tout en surfant sur la vague de la Covid

On savait le système postal mondialement vérolé pour l’expédition des livres, les Etats-Unis l’avaient mis en évidence dès 1938. À l’époque ils avaient également fait en sorte de résoudre avec brio ce problème en créant “Media Mail”. Mais c’était avant que le vote par correspondance ne s’invite à la table des non négociations.

Aujourd’hui le maître de la bannière étoilée apporte une nouvelle solution propre à sa vision du monde en supprimant le problème. Sans problème, il n’est plus besoin de chercher de solution, et lorsque cela sert les intérêts financiers c’est qu’il n’y a aucune autre alternative plus pertinente n’en déplaise à Roosevelt.

© Agape Trn, Unsplash

Une bien triste vision qui dans son sillage lève le voile sur la politique française visant à maintenir le déséquilibre du système actuel en place. Un système plus sournois pour que petits éditeurs et indépendants restent à leur place dans la fosse commune, voire disparaissent afin que leurs dépouilles nourrissent ceux qui résistent sans qu’ils ne touchent au gâteau des grandes maisons.

Que pouvons nous attendre des promesses alors que nous avons assisté au “Racinegate” du rapport de Bruno Racine quant aux conditions des gens de plume. Franck Riester a laissé sa place et ses engagements au jeu des chaises musicales des ministères et les auteurs tout comme les petites maisons d’éditions restent sur le carreau à regarder danser les financiers aux bras des grands groupes, en espérant voir tomber quelques piécettes de leurs poches de costumes sur mesure.

Sans traverser l’Atlantique, l’Allemagne facture 2€ le transport de livre, en France La Poste empoche 3 à 4 fois la rémunération des autrices et auteurs avec la politique tarifaire du Colissimo. La Covid finalement arrange bien les affaires des plus grands. En stigmatisant les petites gens, les sans-dents, on peut sous l’excuse même légitime de sauver l’économie faire partir des canots de sauvetage à moitié vide pour les gens des premières classes. Les autres n’auront qu’à tourner la page et changer de trottoir.