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J’irai parler pour vous en club de lecture

En matière de chronique, de service presse, le constat est aussi simple qu’il est amer : de trop nombreux néoauteurs puisent leur écriture dans l’encrier de leur ego. Il n’en sort donc rien de bon, surtout pour le gars qui va quelque peu écorner leur livre. Même le terme « critique » a dû subir une chirurgie de l’acceptable et se couvrir d’un bandeau de pudeur, au point de s’écrire « chronique » ; une cicatrice en typographie blanche sur fond rouge bien entendu.

J’ai donc arrêté de subir les foudres de celles et ceux qui tonnent dès lors que le papier ne va pas dans le sens qu’ils auraient souhaité. Terminé les sollicitations sauvages, les ingurgitations forcées d’une cuillère pour maman, suivie d’une pour papa. De la diète du service presse, à l’exorcisme de l’écriture fantôme, c’est une renaissance dans un monde presque disparu, un monde comme j’aime : celui des lecteurs, entre fauteuils et canapés, un verre à la main et des livres à dire.

Un club de lecture

Dès les premiers échanges le ton donné est bel et bien celui du partage. Tout comme les victuailles posées sur les tables, les titres, les avis, les sentiments tournent comme les petits-fours et passent de mains à mains, de canapés à fauteuils. Rien à voir avec les réseaux où, cachés derrière l’écran, les spécialistes de rien assènent leurs mots violents avec force de convictions ; même si cette dernière ne repose que sur le vacarme de ceux qui pensent que crier donne raison.

C’est ainsi que j’ai pu récupérer deux ouvrages dont les couvertures peu avenantes auraient manqué de me séduire. Sans doute en ferais-je un retour de lecture lors d’une réunion du club et sans doute le ferais-je aussi sur mon site.

Henri Lœvenbruck

Pour ce premier rendez-vous j’avais dans ma besace le livre d’un auteur que j’ai découvert bien tardivement : Henri Lœvenbruck. Un auteur qui justement se découvre bien plus qu’il ne se dévoile, une denrée rare de nos jours où la nécessaire visibilité d’un auteur implique une prostitution sur les réseaux en arpentant les pavés des X, Facebook, Instagram et TikTok pour ne citer qu’eux.

Je mets volontairement cet auteur en avant dans ce billet, car c’était avec lui que je suis arrivé à Saint-Pierre. Il a accompagné mes 4 700 kilomètres séparant l’hexagone de Saint-Pierre-et-Miquelon. Dans ma liseuse « J’irai tuer pour vous » ma fébrilement fait tourner les pages électroniques et c’est avec la même fébrilité que je me suis rué dans la bibliothèque pour me procurer d’autres ouvrages. Amère déconvenue de constater le vide entre les auteurs alphabétiquement avant et après son patronyme.

J’irai parler pour vous

De « J’irai tuer pour vous » à « Les disparus de Blackmore », Henri Lœvenbruck fait un grand écart et montre avec maestria la qualité de sa plume, récompensée d’ailleurs par le titre de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, mais comme écrit précédemment, ce n’est pas lui qui va le crier sur les toits.

Je ferai donc des retours sur ses livres entre autres auteurs, mais plus que ces billets à venir ce sera chez les uns et les autres que je distillerai la graine de la lecture. Il m’aura fallu quitter l’hexagone et m’emmitoufler dans la cape du maillou pour découvrir que la plus grande vertu de la vie reste sa simplicité, mais pour l’apprécier encore faut-il accepter de savoir que l’on ne sait rien.

Merci encore à l’association Les lectures du caillou pour ce premier rendez-vous.

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